
Bob Gainey effectuant sa meilleure imitation de Tomas Pleckanec
C’est fait, Bob Gainey a annoncé sa démission du poste de directeur général du Canadien de Montréal. Surprenant? Pas vraiment. L’ancien numéro 23 avait affirmé en début de saison qu’il allait laisser les rennes de l’équipe à la fin du calendrier si le Canadien ne connaissait pas du succès cette année. J’ai l’impression que Monsieur Gainey s’est rendu compte qu’il n’avait plus assez d’énergie à donner à un club qui peine à faire les séries. Il semble fatigué et son « all in » de cet été ne semble pas donner les résultats escomptés.
Mais la saison 2009-2010 est-elle vraiment un échec? Est-ce que la présente 6e position du tricolore au classement (avec quelques matchs d’avance sur ses poursuivants) représente un échec total? Je ne suis pas prêt à dire ça.
En préambule de la campagne, les experts se prononçaient : l’équipe devrait se battre pour une place en série et terminer en 7e ou 8e position. J’abondais en ce sens, parce qu’après tout le club a de réelles carences qui font qu’espérer de terminer dans les 5 premiers de la Conférence de l’Est serait inespéré.
Puis, le désastre. Andrei Markov se blesse gravement lors du premier match de la saison face aux Maple Leafs. Il manquera près de la moitié de la saison. Je vous demande : quelle équipe de milieu de classement aurait pu tenir tête aux autres sans son meilleur joueur, son joueur de franchise. Très peu. Mais le Canadien a surpris, et lors du retour du Russe en décembre, ils étaient encore en position pour aspirer à participer à la classique printanière. Imaginez si le bleu-blanc-rouge aurait pu bénéficier de l’apport du défenseur durant toute la saison. On peut logiquement imaginer que le club aurait été récolté plus de victoires et serait à combattre les Sénateurs d’Ottawa pour le 5e échelon du classement. Ajoutons aussi le non-rendement de Guillaume Latendresse et les blessures à Andrei Kostitsyn, Brian Gionta et maintenant Mike Cammelleri et on se rend compte qu’être encore dans la course aux séries est un résultat impressionnant. D’ailleurs, n’eut été des bons coups de Gainey (Latendresse pour Pouliot, sortir Bergeron de la Mauricie) je doute que le Canadien soit encore dans la lutte.
En considérant le tout, la saison 2009-2010 pourrait être bien plus catastrophique qu’elle ne l’est présentement.
Mais bon, la fatigue aura eu raison de Gainey et son départ amènera peut-être un léger vent de fraicheur, même si j’en doute fortement. Avec les signatures à long terme de Gionta et Cammalleri, de plus que le long contrat de Gomez, l’équipe changera bien peu de visage l’an prochain. Il ne reste qu’à signer Tomas Pleckanec à long terme et l’attaque des Canadiens restera la même pour plusieurs années. Dans le cas du Tchèque, il faut espérer que le successeur de Gainey décidera de négocier les renouvellements de contrat durant la saison.
Pas de ménage

André Savard, un autre DG qui avait reçu son congédiment trop rapidement.
Sans surprise, dans les chaumières québécoises, vous entendrez certains demander un ménage complet de l’organisation, de Pierre Boivin jusqu’au conducteur de la Zamboni. Vous savez, le même ménage que certains amateurs demandent chaque fois que le club perd trois matchs d’affilés.
S’il y a quelque chose que le club n’a pas eu dans les 15 dernières années, c’est de la stabilité au niveau de son personnel. Il serait peut-être temps de réaliser que le problème se situe peut-être là. Depuis 1995, c’est-à-dire l’époque Savard-Demers, ce n’est pas moins de huit entraîneurs et cinq directeurs généraux (en incluant le successeur de Gainey) qui ont occupé les bureaux de la Sainte-Flanelle. Il est là le problème majeur du Canadien : l’impatience des amateurs et de la haute direction envers la direction.
Le temps de Gainey était probablement fait, mais il n’y a aucune raison de demander, encore une fois, un ménage complet de l’organisation.
Trevor Timmins

Trevor Timmins et Louis Leblanc
D’ailleurs, plusieurs demandent le départ de Trevor Timmins, le peignant comme un mauvais dépisteur qui ne repêche pas de Québécois. Il serait peut-être le temps que le département de relation publique du Canadien fasse comprendre aux partisans que Timmins est un des meilleurs de sa discipline comme le montre ce texte de Mathias Brunet. De plus, les relationnistes du CH se doivent de mettre de l’avant que le Canadien est parmi les meneurs quand vient le temps de repêcher des Québécois, un fait que les journalistes mettent de côté, préférant se rabattre sur la propagande nationaliste des Tremblay et Raymond.
Le renvoi de Timmins serait une erreur monumentale pour le Tricolore.








