Depuis quelques jours de plus en plus de commentaires envers les performances des athlètes canadiens se font entendre. Les mots qui reviennent le plus souvent sont « choke » et échec. À entendre certaines personnes, les Jeux olympiques sont une catastrophe du point de vue des performances canadiennes. Mais peut-on vraiment parler d’une situation si affreuse?

Érik Guay - Depuis quand un meilleur résultat de la saison est un «choke»?
Il y a une différence majeure entre les Olympiques de cette année et tous ceux disputés auparavant suite à l’instauration du programme À nous le podium , une gigantesque campagne de promotion a été organisée en 2009-2010 pour faire connaître les athlètes canadiens. La cause est noble, ces athlètes amateurs évoluant souvent dans l’ombre des professionnels. Mais cette campagne a eu un effet pervers : il semble maintenant que les Canadiens s’imaginent que tout compétiteur dont le nom a été mentionné dans les médias est un espoir de médaille. Les spectateurs du pays de la feuille d’érable se prennent pour de grands connaisseurs, alors qu’en réalité, ils n’y connaissent que si peu sur les athlètes et leurs réelles chances de médaille.
Les spectateurs semblent exercer une pression constante sur les athlètes canadiens.
Dans le passé, les Canadiens découvraient leurs athlètes une fois les jeux commencés, plus particulièrement lorsque certains se démarquaient. Par contre, à Vancouver, les amateurs arrivent avec une opinion préconçue des représentants des athlètes, et c’est pourquoi ils jugent leurs performances à tort. Et pourtant, ces mêmes amateurs qui s’amusent à planter les athlètes qui ne terminent pas sur le podium seraient incapables d’analyser le sport en question. Je le dis et je le répète, une 4e position n’est pas un échec. Personnellement, je rêverais de faire une quatrième position aux Jeux olympiques, que ce soit en skeleton, curling ou même en hockey féminin.
C’est pourquoi certains athlètes se font reprocher leurs performances depuis quelques jours. On a reproché à Érik Guay sa 5e place en descente… il aurait peut-être fallu faire réaliser à la population qu’il s’agissait ici de sa meilleure position de la saison. Pour François Hamelin, atteindre la finale est une surprise dans son cas, ce dernier ne disposant pas du talent de son frère. Pensons aussi à Jeremy Wotherspoon pour qui les Olympiques n’ont jamais été gage de succès pour Jeremy. Mais à 33 ans, et sur le bord de la retraite, il ne fallait pas se leurrer en espérant une médaille de lui. Dominique Maltais représentait une réelle chance de médaille, mais sa violente chute en pratique l’a empêché de performer correctement, elle qui crachait du sang. Les journalistes sur place auraient dû souligner son courage de s’être présenté sur la ligne de départ. Malheureusement, le ton donné fut beaucoup trop négatif envers elle.
Les frères Hamelin, François et Charles
Bien sûr, il y a eu quelques déceptions. On peut penser à Melissa Hollingsworth en skeleton, Charles Hamelin en patinage de vitesse courte piste et Denny Morrisson en longue piste, mais sinon, les Canadiens performent très bien. Le problème, c’est que les spectateurs canadiens s’attendent à terminer dans les médailles à chaque épreuve. Mais comme dit précédemment, à force d’avoir présenté de fond en comble tous les athlètes, les gens en sont venus à en attendre trop. Oui, le Comité olympique canadien est à blâmer là-dessus, mais les fans doivent réaliser que leurs attentes sont trop élevées. Rappelez-vous qu’historiquement, dans les trois dernières éditions, le Canada a terminé au 4e ou 5e échelon du classement des médailles. Au moment d’écrire ces lignes, le Canada occupe le 4e rang et, historiquement, le pays ayant pour capitale Ottawa amasse un plus grand nombre de médailles dans la deuxième semaine de compétition.
Espérons un peu moins de négativisme, autant des journalistes que des amateurs, lors de la deuxième semaine d’activités. Mais avec la défaite du Canada ce soir face aux États-Unis au hockey masculin, le tout m’étonnerait grandement.









